Il y a principalement deux raisons pour lesquelles les voyageurs se rendent à Sarajevo. Ce sont deux guerres et les circuits touristiques se développent beaucoup autour de ces thématiques. Néanmoins la mise en valeur de la Vieille Ville de Sarajevo, et notamment le quartier historique ottoman, illustre la volonté de présenter les autres atouts de cette ville meurtrie, que l’on appelle souvent le Jérusalem de l’Europe.

Sarajevo abrite des lieux de mémoire bouleversants mais aussi un rare mélange de lieux de culte catholique, juif, orthodoxe et musulman, une vieille ville très animée ainsi que de nombreux exemples de la belle architecture austro-hongroise du début du 20e siècle.

Son histoire, son patrimoine et son ambiance sont sans équivalent.

Le siège de Sarajevo

Le conflit le plus récent est encore dans toutes les mémoires. Il a fait plus de 11 000 morts et la visite de Sarajevo est d’autant plus saisissante que l’Histoire n’en a pas tout à fait fini avec le génocide. On condamne encore des militaires (Zdravko Tolimir en 2012) et on découvre encore des charniers où sont enfouis des centaines de corps (Tomasica en 2013).

Aujourd’hui, la ville s’apprête à commémorer un centenaire. Le 28 juin 2014, cela fera 100 ans que François-Ferdinand d’Autriche a été assassiné à Sarajevo avec sa femme Sophie, ce qui a déclenché la première guerre mondiale. De nombreux visiteurs s’intéressent à cette page de l’Histoire en venant à Sarajevo. Mais la ville porte surtout les stigmates des événements tragiques qui eurent lieu près de 80 ans plus tard.

Le Musée d’Histoire. L’indispensable Musée d’Histoire sur la Snipper Alley est dédié à la guerre de Bosnie-Herzégovine. Deux à trois heures de visite offrent un éclairage poignant mais édifiant sur le siège de Sarajevo, de 1992 à 1995.

L’hôtel Holiday Inn se trouve dans la même rue. Celui-ci est célèbre pour avoir accueilli les journalistes pendant la guerre.

Le tunnel de l’espoir. Avant de devenir le principal site touristique de Sarajevo, le tunnel de l’espoir a servi de passage secret pour livrer les vivres aux habitants et évacuer les blessés, pendant le plus long siège de l’histoire moderne. Creusé par les habitants eux-mêmes et depuis la cave d’une maison, le tunnel s’étend sur 800 m en partie sous l’aéroport. Il comprend également un musée.

Ce sont les principaux sites de Sarajevo en lien avec le sinistre conflit. On peut aussi observer de plus en plus d’impacts de balles sur les bâtiments en s’éloignant du centre-ville et, à travers toute la ville, les fameuses roses de Sarajevo, qui représentent des traces de sang (c’est une résine rouge remplissant les trous de mortier).

Toutefois, la quasi-totalité de Sarajevo est désormais rénovée et l’on peut aussi découvrir un ensemble de bâtiments prodigieux.

L’architecture austro-hongroise

Sarajevo attire de nombreux passionnés d’histoire ainsi que des amateurs d’architecture. Pendant la période austro-hongroise, dans les années 1880, Sarajevo ayant alors un aspect très oriental, voit se construire des églises catholiques puis des édifices de style pseudo mauresque.

Plusieurs architectes austro-hongrois ont transfiguré la ville, dont Joseph Vancas à qui l’on doit le magnifique bâtiment de la Poste Centrale, datant de 1913, entièrement restauré depuis le siège de Sarajevo. C’est l’un des bâtiments les plus remarquables.

Le très prolifique Karl Parzik, architecte tchèque, offre à Sarajevo plus d’un splendide bâtiment : le Musée National, le Théâtre National de Sarajevo en 1921, la très belle faculté de droit à côté du pont Latin (témoin du célèbre attentat qui coûta la vie à Frantz Ferdinand), la synagogue ashkénaze ou encore, la bibliothèque de Sarajevo qui est indubitablement le monument le plus célèbre.

La bibliothèque, Obnovljena Vijećnica, est typique du style austro-hongrois (pseudo mauresque). Dévastée par le feu pendant le siège de Sarajevo, elle a été rénovée. Les bâtiments austro-hongrois se mêlent, pour la plupart, au décor oriental du 16e à travers les quartiers ottomans.

La Vieille Ville et le quartier ottoman

C’est par Baščaršija que l’on entre dans la vieille ville de Sarajevo. Baščaršija est le quartier ottoman historique de la ville. C’est un quartier extrêmement animé avec de nombreux cafés et restaurants et qui abrite plusieurs mosquées. Il est devenu le cœur du tourisme, fourmillant de boutiques artisanales, et il est réservé aux piétons.

Ce sont les ottomans qui fondent Sarajevo en 1461. L’incontournable mosquée de Gazi Husrev-beg sera construite au 16e siècle, époque à laquelle s’installent les juifs à Sarajevo.

Ce qui rend cette ville si unique, c’est le mariage entre l’Occident et l’Orient et cette multitude de lieux de culte. À travers les rues pavées, ou depuis les montagnes qui entourent Sarajevo, on observe aussi bien des minarets que des synagogues, des clochers de cathédrales catholiques et orthodoxes.

À voir dans le quartier historique : la cathédrale du Cœur de Jésus, construite en 1889, et la cathédrale orthodoxe de la Nativité-de-la-Sainte-Mère-de-Dieu, lieu de culte de premier ordre pour les orthodoxes bosniaques, construit par l’architecte macédonien Andreja Damjanov auquel on doit de nombreuses églises dans les Balkans.

Le mémorial de Srebrenica

Il faut prévoir une excursion à la journée et se préparer à visiter un lieu extrêmement troublant. Le mémorial de Srebrenica commémore le génocide qui eut lieu en juillet 1995. 8000 bosniaques musulmans furent massacrés dans la région. Le mémorial, son musée et son immense cimetière, se trouvent dans la commune de Potocari. Le site est ouvert tous les jours en semaine de 8 h à 16 h. À l’heure actuelle, un peu plus de 5000 personnes y sont enterrées.

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